DISPARITION, installation, hommage aux migrants disparus en mer. 2016


Parmi les photos nous arrivant du drame qui se joue en méditerranée, certaines m'ont particulièrement interpellées. Il s'agit de ces photos de plages de Turquie ou de Grèce, jonchées de vêtements. Bien sûr, pour moi qui travaille autour du tissu échoué depuis des années, la résonance est immédiate.
Cette installation est composée de caisses à crabes en bois, empilées les unes sur les autres, emplies de tissus échoués roulés, fragments d'histoires serrés dans une valise. Ces empilements de caisses forment des stèles au dessus desquelles flottent des coques vides, empreintes de femmes, d' hommes, d' enfants. Leur absence est criante. Ces présences fantomatiques nous ramènent au corps, nous rappelle que derrière le mot migrants il y a des hommes, des femmes, des enfants, des êtres uniques, des corps aimés, désirants, des êtres en quête d'une vie meilleure fuyant la guerre et la misère, des destins brisés, abîmés en mer, disparus, devenus invisibles, sans sépulture.




VESTIAIRES, Port-Musée Douarnenez. 2015

cirés-récits      photos Lionel Flageul

> VESTIAIRES



LE VENTRE DE LA BALEINE, Trébrivan (22). 2015

Champ d'expression, parcourt d'art contemporain à la ferme.

> LE VENTRE DE LA BALEINE



"MU(E)S" Installation, église Saint-Merry 75004 Paris. 2014

Mu(e)s

> ST-MERRY « MU(E)S »



L'ÉTOFFE DES FEMMES, Pont-Scorff. 2014

Exposition-spectacle en création

> UN ORATORIO POUR MÉMOIRE VIVE
> L'ÉTOFFE DES FEMMES



OUVREZ LE BAL! Langonnet & Château de Suscinio. 2011


Entre collectage et création contemporaine.

Lors d'une résidence de création, à l'invitation du Plancher, Aziliz Dans a travaillé à la Grande Boutique à Langonnet autour de l'histoire du bal.
A partir de collectages, témoignages, photos, archives de la Cinémathèque de Bretagne, mais aussi grâce à la complicité des habitants de Langonnet et des alentours, le collectif a réalisé une installation qui met en scène la mémoire du bal.
Les images filmées prennent corps et s'animent autour du visiteur qui se retrouve plongé parmi les couples de danseurs. Visages, paroles, musiques, boules à facettes... Commence alors une traversée, une visite poétique, au cœur des bals populaires, depuis le milieu du siècle dernier jusqu'à aujourd'hui.

Collectages et mise en scène : Cécile Borne
Images : Thierry Salvert
Création sonore : Kamal Hamadache
Archives : La Cinémathèque de Bretagne
Merci à : Julienne Le Corre , Célestine Morvan , Yves Derrien , André Sévénéant , Marcel et Yolande Réti , Maria Cadic , Avel Corre , Gaby Jaffré , Françoise Le Poul.

Avec le soutien de la Région Bretagne, le Conseil Général du Morbihan, le Plancher scène du Kreiz Breizh, La Grande Boutique, la Cinémathèque de Bretagne.




MARNAGE, la briqueterie Langeux. 2009


Cécile Borne s'est imprégnée de l'histoire humaine de la Briqueterie pour concevoir son œuvre ; une installation intitulée « marnage » terme désignant la différence de hauteur entre la pleine et la basse mer, espace de récupération de sa matière. Marnage évoquant le fait de travailler dûr, trimer. Sa matière première, le tissu, d'anciens vêtements de travail déposés par la mer sur le rivage. Ils portent les traces de leurs vies successives : usine, hôpital, chiffons sur les bateaux puis dérives maritimes.
« Les fragments, collés sur du plexiglas, s'assemblent pour former un groupe silencieux.
Ce sont des enveloppes vides, sortes de mues ou carapaces qui nous laissent réinventer le corps. Ces fragments d'étoffes forment un tissu social, la mémoire d'une communauté en mouvement. »




MU(E)S, l'art chemin faisant' Pont-Scorff. 2008


blouses de travail
veste de garçon boucher
pantalon de sage femme
combinaison en dentelle
pantalon d'enfant
Ces vêtements sont pour la plupart d'anciens vêtements de travail, recyclés en chiffons, utilisés sur les bateaux puis jetés par dessus bord, brassés par la mer, enfouis dans le sable.
Les vêtements sont ici décousus, pour mieux identifier chaque fragment, mieux saisir la coupe de chaque habit, mettre à plat, à nu les traces-cicatrices laissées sur le tissu.
Ces mues nous renvoient au corps, à son absence, autant de peaux sociales rendues à la nature sauvage - voyages mouvementés entre mémoire et imaginaire.






ROBES FANÉES - hommage aux femmes inconnues. 2008


Ces robes fanées sont réunies par le hasard des marées et de mes marches littorales. Ces fragments d'étoffes vont devenir le point de départ d'un développement sensible aux lisières de l'intimité du corps et du tissu social.
"J'ai décidé pour ce projet de m'atteler à la part féminine de ce qui m'est donné: tissus colorés, imprimés fleuris, chemisiers vichy, tabliers de travail, mes robes fanées. Ces fragments de tissus ramassés sur les rivages de l'Atlantique viennent d'on ne sait où. Ces humbles reliques témoignent d'une histoire sans paroles. Elles travaillent avec l'absence, avec les absentes. Ces « robes fanées » se rassemblent ici pour former une communauté d'oubliées, une population fleurie qui descend dans les entrelacs de notre mémoire. Ces archives silencieuses ont survécu à l'usure des existences humaines. Issues de passés indéchiffrables, elles sont rendues à leur existence sauvage.
Elles sont ruines muettes. Elles gardent le secret. Ces vestiges d'univers défaits, ces restes de passé déchu ouvrent des échappées vers un autre monde, ouvrent une profondeur dans le présent. Ils articulent l'espace des multiplicités.




ROUTE D'EAU, Douarnenez. 2006


Je marche sur le rivage. J'arpente les grèves, cette frontière instable entre la mer et la terre, ce no man's land où s'inscrit le mouvement entre soi et le monde.
Ma collecte : des tissus échoués, chiffons abandonnés par la mer dans le sable, fragments de mémoire, vêtements élimés venus du large, vestiges d'un monde flottant.
Les pages ici présentées restituent cette quête, du Portugal à la baie de Douarnenez, de la presqu'île de Quiberon aux rivages du Sud tunisien.
Chaque récolte est localisée, datée. Chaque page est un fragment d'énigme. Elle nous renvoie au temps, à la civilisation – une peau sociale. La mer nous restitue ces petits morceaux du monde, ils ont été lavés, brassés par leurs dérives marines, métamorphosés par une algèbre océanique.





LA ROUTE BLEUE, Charcier Saint-Ellier. 2006


Chemin de caillou du Petit Poucet.
Pour ne pas se perdre, baliser le chemin.
Cailloux emballés d'étoffes, tissus fleuris, tissus de travail, tissus rendus nomades.
Sur certains de ces cailloux, on trouve des noms, le nom des personnes qui ont porté ces vêtements, parfois aussi le nom de l'usine, de l'hôpital, de l'entreprise.
Ces vêtements de travail recyclés comme chiffons sur les bateaux, chiffons passés par-dessus bord, entament ensuite une longue dérive océanique…jusqu'à ce qu'ils croisent l'arpenteuse des grèves, à l'affût de ces fragments d'énigmes, vestiges d'un voyage où émerge le nom de l'autre, vêtements usés aux poignets et rapiécés, chiffons aux traces de camboui, incrustés d'algues, travaillés par la mer.
Se pencher.
Au sol des cailloux.
Il faut s'accroupir, s'abaisser, retrouver le regard qui va chercher, qui met le corps en mouvement. Ramasser par terre, glaner. Par ci, par là, quelques noms oubliés. Ces vestiges ont rejoint des pierres de Charcé pour baliser un chemin à travers la bâtisse.



LA MAISON DES MARÉES. 2001


'La Maison des Marées' est un espace de circulation entre la danse, la musique et les arts plastiques. Cette installation abrite des expositions, du cinéma, des spectacles, des performances qui questionnent le rapport du corps à l'objet, de l'homme à son environnement et offre au spectateur-visiteur une nouvelle perception de l'espace, de la matière, du son, du mouvement. Par ce va et vient entre différentes formes d'expression s'ouvre un espace de dialogue, de confrontation et d'échanges, teinté d'influences réciproques.
Partager avec les improvisateurs et les spectateurs le mouvement d'une œuvre toujours à venir qui se défait à mesure qu'elle s'invente, l'exécution d'une pièce vouée à son propre effacement, à la fois l'origine et la faillite du geste de création.